Les chats chont des chasseurs chachant chacher.

Les chat sont des prédateurs, des carnivores féroces à l’instinct de chasseur redoutable. A l’instar de leurs cousins félins de l’arbre phylogénétique du vivant ils ont développé des capacités physiques adaptées et élaboré des techniques de chasse efficaces. Leur seul point faible est l’endurance à la course. C’est d’ailleurs une caractéristique des félins en général, ainsi le guépard, qui pique pourtant des sprints à plus de 120 km/h, ne peut maintenir cette vitesse que quelques secondes. C’est suffisant pour surgir des hautes herbes de la savane, bondir sur une antilope passant à sa portée et l’égorger d’un coup de gueule avant qu’elle ait pu dire meûÛh, mais pas assez pour la défier au demi-fond puisque l’antilope peut atteindre la belle moyenne horaire de 85km/h sur 6km.

Les chiens chont des chasseurs auchi.

Si vous aimez les animaux qui s’essouflent longuement derrière leur proie, préférez les canidés: les loups par exemple, lorsqu’ils chassent en meute, peuvent pister plusieurs heures durant le gros herbivore qu’ils convoitent, parfois sans succès. Si vous aimez le spectacle viril d’une meute féroce se jettant sur une proie épuisée, souvent blessée, il existe sûrement un documentaire de la BBC ou un DVD du National Geographic qui vous plaira. Et si vous cherchez de vraies sensations fortes, avec l’odeur des fauves et le souffle chaud des bêtes, je vous conseille une bonne chasse à courre. Vous serez ravi de voir une meute magnifique de plusieurs dizaines de Beagle, ondulant comme un grand drap taché noir et marron au gré des accidents du terrain, encadrés par les généraux du film Sissi impératrice, à cheval et à trompette, pourchasser un malheureux renard, la journée entière s’il le faut, jusqu’à l’hallali. Tragique moment où l’animal traqué, sentant l’espoir de fuir s’étioler et sa fin approcher, fait face à la meute pour s’offrir, poussé par l’instinct de survie, une mort héroïque au combat. Combat qui se soldera par la défaite de l’animal aux abois, taillé en pièce par la meute, c’est la curée!

Mon chat ne chait plus chacher.

Revenons au chat, chasseur solitaire qui, plutôt que de s’essoufler sur des kilomètres après une hypothétique proie, préfère pratiquer l’affût, profitant du camouflage naturel que peut lui offrir son pelage et misant sur sa rapidité: soit il s’embusque dans un endroit propice, soit il se déplace jusqu’à ce qu’une proie attire son attention. Alors, tapi, il s’approche au plus près, bondi sur sa proie et la mord au cou, MeôôÔôw, lui brisant ainsi la nuque. Oiseaux, rongeurs, lézards, tout est bon à prendre pour le chat qui joue parfois avec ses proies, un jeu cruel puisqu’il la relâche juste ce qu’il faut pour qu’elle croie pouvoir s’échapper avant de la recapturer en ricanant. Un bon chat chasseur offre souvent tout ou partie de sa proie à son maître, il dépose les petits cadavres ensanglantés sur le pas de la porte, partage équitable avec celui qui le nourrit habituellement. C’est un présent qui vient du coeur, mieux qu’un bon d’achat non?
Quant à mon chat, ce gros matou anthracite, j’espèrais qu’il devienne un grand chasseur, digne héritier de sa lignée de carnivores et j’étais conforté dans cet espoir par son habilité, lorsqu’il était chaton, à poursuivre les bouchons de liège et autres balles magiques. Hélas c’est devenu un gros félin pantouflard: quand il ne dort pas, il fait la sieste et même les mouches lui font peur.

Castration.

J’ai d’abord cru que sa castration n’etait pas étrangère à sa flemardise empatée. On n’en serait pas arrivé à cette amputation radicale s’il avait préféré, pour tenter de se reproduire, des chattes en chair et en os à mes pulls rayés. Si les chats castrés ont en effet tendance à prendre du poids (forcément, ils dépensent moins d’énergie à cavaler derrière les femelles, d’où également un risque moins élevé de se faire broyer par un 4×4 ou éborgner par un mâle concurrent), ce bousculement hormonal (pas de couilles = pas de testostérone) ne doit en rien modifier son instinct de chasseur. Chez le chat, la chasse est en effet un caractère inné: on observe quasi-systématiquement chez les jeunes chatons des jeux de chasses. Mais réduire les qualité de chasseur du chat à «l’instinct» serait une erreur: l’apprentissage joue un rôle essentiel, via la mère et l’expérience acquise en jouant ou en chassant. C’est ainsi que je pris la décision d’enseigner moi-même la chasse à mon chat, et d’en faire un tueur!

Avant de lui donner ma première leçon, il me fallait des sparring-partners, des proies vivantes: les volontaires pour l’échaffaud ne se bousculaient évidemment pas au portillon et je me suis donc rendu chez «1000 milliards d’amis», l’animalerie du centre commercial de Chastellou en quête de quelques rongeurs vifs et bien alléchants pour mon chat.

à suivre…

 

texte & illu: NicomiX