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La famille Chaton

Teaser

Bientôt sur vos écrans d’ordinateurs:

Le blog de Marion Boulette

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Mon préféré? Hé hé:

La famille Chaton

Gérard Chaumedu

Gérard Chaumedu

Les Chaumedu sont les voisins des Chaton, tous sont malheureusement sans emploi. Le père, Gérard, adore les bières et la TV par satellite, sa voiture a des portières et un capot de couleurs différentes, il passe son temps à combiner pour échapper aux contrôles de l’agence pour l’emploi et améliorer son quotidien à moindre frais. Son épouse Valérie adoÔre les séries TV américaines. Leur fils Keith a aussi un training et une voiture de plusieurs couleurs mais avec des flammes, des ailerons et des pots d’échappement. Le chômage est un mécanisme d’exclusion qui permet de faire pression sur les travailleurs. Gérard n’est pas sûr d’être du plus mauvais côté de ce mécanisme. Gérard Chaumedu va travailler brièvement dans l’usine Caka-bulles® à partir de l’épisode 3 de La famille Chaton.

La famille Chaton, Making of

Encore la chambre de Charlie Chaton

sans commentaires cette fois.

La famille Chaton, NicomiX | bonus

Les secrets de la chambre de Charlie Chaton

Charlie est un adolescent qui, pour affirmer son identité tout en cherchant à appartenir à une communauté, a préfèré les seventies à la tektonik ou une autre mode contemporaine. Pour moi*, c’est pratique car comme il est déjà démodé, il ne le sera pas plus dans 10 ans qu’aujourd’hui et on pourra relire La famille Chaton sans se dire: «Pff! c’est cette vieille BD du début du siècle avec l’ado qui fait de la tektonik!».

A l’occasion de la parution de la planche 21 du premier épisode de La famille Chaton «Caka-bulles® et insuline», je vous propose de lever un coin du voile sur son univers : sa chambre!

1. La célèbre affiche des Clash, ranking # 1 lorsqu’on cherche une «affiche The Clash» dans Google images.

2. Une affiche de «Cha Guevara», en référence à cette icône intemporelle de la rebellitude, assassin brutal mais néanmoins porteur d’idéaux de liberté, d’égalité, de justice et de partage des richesses que la vie nous fait vite troquer pour le mariage, l’individualisme, la TV et d’autres choses à s’inquièter que les malheurs du monde.

3. Un trophée. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, tout le monde a un trophée ou une connaissance qui a un trophée.

4. Des livres. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, tout le monde a un livre ou une connaissance qui a un livre.

5. Un petit bonhomme. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, tout le monde a un petit bonhomme ou une connaissance qui a un petit bonhomme.

6. Quelques photographies. L’une d’entre elles représente Charlie victime de l’effet «gros nez» ou «fish-eye» pour les puristes. C’est ce qui se produit quand le sujet (le visage de Charlie) est trop près de l’objectif (de l’appareil photo), ce qui arrive systématiquement lorsqu’on tient l’appareil photo a bout de bras dans le but de saisir un autoportrait sans prétention aucune de réussir le cliché. Avec l’avènement du numérique nous sommes enfin débarassé de cette pression intense, héritage des Nadar, Doisneau et Cartier-Bresson: faire une «bonne photo»!

7. Le chat de La famille Chaton. J’ai la sensation que cette mise en abîme féline sera matière à quantité de réflexions philosophico-humoristique.

8. Un paquet de cookies, un petit bout de bonheur familial made in USA disponible dans tout les bons hypermarchés.

9. Une canette de Caka-bulles®, sans doute le prototype qui a servi à développer la campagne de lancement ramené de l’agence par Michel Chaton. Car, par définition, un produit dont on prépare la campagne de lancement n’est pas encore disponible en magasin. Les plus perspicaces d’entre vous l’avait sans doute deviné.

10. Un mouchoir. Ça sert à tout un mouchoir quand on a 14 ans (en mai): se moucher, essuyer des trucs, …

11. L’album «Bohemian Raphsody» de Queen dont Charlie nous livre une interprètation très personelle à la planche 21 du premier épisode de La famille Chaton «Caka-bulles® et insuline».

12. Un tourne disque, un vrai, pour disques vinyls, avec des enceintes imitation bois pensées pour s’intégrer harmonieusement dans n’importe quel intérieur classique imitation fermette du XIXème. Outre la délicieuse touche vintage** qu’un tourne disque apporte à l’univers de Charlie il a cet avantage sur les CD qu’on peut à peu de frais s’offrir un moment de détente en écoutant des 33 tours à la vitesse de 45 tours/minute ou vice versa selon qu’on rigole plus volontiers des voix aigües ou des voix caverneuses. C’est infiniment plus fendard que le grincement strident d’un CD mal gravé et vite griffé.

(*) NicomiX (pour la popularité de mon site en terme de ranking Google il est important que je ne manque pas une occasion de créer un lien vers www.nicomix.be)
(**) «Vintage» est l’épithète tendance pour désigner de vieux trucs arbitrairement redevenus à la mode. Si vous l’apprenez à l’instant, saisissez la prochaine occasion de glisser le terme dans une conversation et vous jouïrez de l’intense satisfaction de passer pour un(e) branché(e).
Par exemple: «J’adore ces vieilles boîtes en métal qu’on offre à l’achat de 5 paquets de lessive non-ordinaire de 10 kg, c’est délicieusement vintage ces reliques fac-similées d’une époque où les marques ne nous prenaient pas encore ouvertement pour des débiles»

La famille Chaton, Making of, NicomiX | bonus, video

Making of video

Voici, en video, un petit making of de la planche 14 de l’épisode 1 de La famille Chaton (Caka-bulles® et insuline)

Prochainement peut-être: la suite, avec un making of de la mise en couleur.

La famille Chaton, Making of

scène coupée

J’ai réécrit le scènario de la séquence à venir (sur webcomics.fr) de l’épisode 1 de La famille Chaton (Caka-bulles® et insuline). Dans cette séquence Rachel, Charlie et Charlotte Chaton rendent visite à Michel qui est à l’hopital suite à sa crise de diabète. Après m’être renseigné auprès de Sabine qui est infirmière, j’ai eu plus de détails sur les symptômes et les traitements de l’hyperglycémie et j’ai modifié ces quelques pages de scénario: en supprimant entre autre un gag à propos de morphine sous perfusion et en amenant, ce qui n’était pas prévu, le médecin aperçu lors de l’arrivée de Michel aux urgences que ma copine avait trouvé sympa.

Suite à cela j’ai modifé 2 case de la planche 13 pour parler de l’envie d’uriner des patients dont on traite l’hyperglycémie à coup de sérum physiologique et pour laisser au médecin le soin d’annoncer en personne ses bonnes et moins bonnes nouvelles à Michel, dans la séquence de la visite de Rachel, Charlie et Charlotte.

Avant

Après

En plus, maintenant, c’est mieux dessiné.

La famille Chaton, Making of

Radio Chaton

J’ai modifié les planches 1 et 2 du premier épisode de La famille Chaton (Caka-bulles® et insuline)
Avant

Après

J’ai donc rajouté 3 phylactères pour remplacer les “Tiiit - tiiiiit” du réveil par l’émission de la tranche 6h - 9h de radio Chaton (ou Chastelou FM ou un même meilleur nom, j’hésite encore).

Mais pourquoi? D’abord parce que c’est plus narratif : on apprend la date et la météo du jour, ensuite, ça densifie les cases concernées. J’aimerai que tout le petit univers dans lequel évoluent les personnages de La Famille Chaton transpire autant que possible de toutes les planches, cette modification va dans ce sens.

En outre, je trouve plus amusant que le rêve tropical de Michel Chaton soit interrompu par un énigmatique bulletin météo plutôt que par un strident Ti - Ti - Ti - Tiiiiiiit.

La famille Chaton, Making of

Les décors

Les plus attentifs l’auront remarqué, certains décors de la famille Chaton sont identiques d’une case à l’autre. A ceux-là je dirais “finement observé” car pour certaines séquences je dessine effectivement un décor à part, puis, sur ma planche, les personnages seuls (comme s’ils flottaient dans le vide intersidéral). L’air de rien, je gagne pas mal de temps, et du temps pour dessiner je n’en ai pas autant que je le souhaiterais, sans compter la frustration de voir un projet avancer à l’allure d’une tortue sous prozac pendant que d’autres sont carrément au point mort.

Incruster les personnages dans le décor (ou le décor derrière les persos) n’est pas du tout une opération compliquée (depuis qu’il y a des ordinateurs). Comme cela me semble fastudieux de raconter chaque étape en long et en large pour obtenir au final un post qui n’interessera que les dessinateurs de bande dessinée possédant un mac et désireux de cesser de dessiner sans cesse ces sempiternels décors, j’ai décidé de vous la résumer en 4 mots: table lumineuse, scanner, photoshop®. Dans 2 ou 3 réformes de l’orthographe je pourrai sans doute le faire en 3 mots: tablumineuse, scanner, photoshop®.


Ci-dessus le décor de la salle de réunion où Michel Chaton présente la campagne Caka-bulles® aux trois gros cochons.

Les décors que je dessine pour ce genre de séquence sont plus grand qu’un case, pour me permettre d’avoir malgré tout une liberté de cadrage, de l’adapter à comment bougent les personnages, la taille des phylactères, …

On pourrait légitimement disgresser sur cette opposition personnages >< méchant, …), peut se justifier d’un point de vue technico-pratique: dans le souci d’améliorer la qualité et/ou la productivité, le travail de création d’une BD est réparti entre plusieurs auteurs. Il semble alors logique pour maintenir la cohérence stylistique de l’oeuvre que chacun prenne en charge une tâche précise plutôt que chacun s’occupe d’une planche ou d’une case par exemple. L’histoire de la bande dessinée est remplie de ces anonymes (devenus pour les plus chanceux vaguement connus ou un peu célèbres ensuite) qui ont dessiné patiemment les décors ou encré minutieusement les planches des maîtres qui se réservaient d’autres tâches plus nobles telles que dessiner les personnages principaux ou négocier les contrats des produits dérivés. Sans parler des machines à BD que sont les studios des mangakas japonais ou les studios de Marvel comics aux USA, on peut citer en guise d’exemple quelques classiques de la BD franco-belge: les studios Hergé, celui de Peyo, et Franquin aussi qui, grand seigneur, invitait ses assistants à co-signer les albums.

Cette opposition technique est, il me semble, également sensible au théâtre ou des acteurs en chair et en os jouent dans des décors peints ou minimalistes, au cinema aussi ou on est passé du carton-pâte à l’incrustation 3D -si le sujet “personnage >< personnages est presque un ingrédient indispensable du dessin animé où on peint de magnifiques décors sur lesquelles on va filmer image par image les personnages tracés à l’encre sur cello (c’est un peu réducteur mais le but n’est pas d’écrire “l’histoire exhaustive de l’animation en 3 lignes”).

Cette opposition décors >< personnages me semble un peu réductrice, elle ne se justifie en tous cas pas d’un point de vue narratif puisqu’au final le lecteur saisira les deux comme une seule image et que le décor influencera à coup sûr sa compréhension de l’histoire, mais peut être même de ce qui se passe dans la tête du ou des personnage(s): “mon dieu! il habite dans un trou-à-rat, il doit être dépressif” “Il est dans une forêt aux arbres tordus, il a peur”. Il me semble qu’en BD il peut se passer dans une image une variante de l’effet Koulechov, décrit par ce cinéaste et théoricien du cinéma russe des années ‘20.

Voici, pour revenir à mon sujet de départ, le décor de la salle de réunion où Rachel Chaton présente la stratégie marketing des anti-dépresseurs Trankil 2000®.

En guise de conclusion, à ceux qui diraient “Quel fainéant ce NicomiX, c’est pas Hergé qui aurait recyclé ses vieux décors!”, je dirais “Si tout le monde réagissait comme ça, je serais sans doute occupé à dessiner la famille Chaton avec du charbon de bois pillé et de l’ocre argileux sur les parois de ma caverne!” et je dirais plus anecdoctiquement “Et vous pensez pas qu’Hergé, le roi du papier calque, n’a jamais utilisé deux fois le même capitaine Haddock? Personellement, je n’en sais rien, mais j’aimerais savoir…”

La famille Chaton

Insulax® pen

Dans cette première version de la bande titre, on pouvait lire (de gauche à droite) le titre en toutes lettres: “Caka-bulles® et insuline”, puis le dessin: “la canette de Caka-bulles® et la photo de vacances”. Ce qui est troublant et pas très judicieux pour un épisode qui se déroule en janvier et où j’ai l’ambition qu’on “sente” la saison, sans pour autant dessiner de la neige et ce genre de choses dégoulinantes de clichés “american blockbuster Christmas movie” (maman j’ai raté l’avion, …). Dans le même ordre d’idées je pense rajouter de grosses vestes chaudes au personnages en couverture.

Dans cette deuxième version plus cohérente, on peut lire (toujours de gauche à droite) le titre en toutes lettres: “Caka-bulles® et insuline”, puis le dessin: “la canette de Caka-bulles® et le stylo injecteur d’insuline”.

Bien sur, les gens qui ne sont ni diabétique, ni médecin, ni infirmier(e), ni parent ou ami(e) d’un diabétique pourraient lire “la canette de Caka-bulles® et l’espèce de gros stylo avec insulax® pen marqué dessus” et se demander à quoi ça peut bien servir. Mais comme je pense que trouver tout seul comme un grand la réponse à cette question est plutot simple, ceux-là auront appris quelquechose en lisant la famille Chaton et ne viendront plus dire que la BD rend nos enfants stupides. De toutes façons, il y a les jeux videos et la TV pour ça maintenant!

La famille Chaton

Couverture à la corbeille

Voici un premier projet de couverture* (à droite) et 4ème de couverture** (à gauche) développées pour le premier épisode de la famille Chaton (Caka-bulles® et insuline). J’aimais beaucoup le fait qu’il y ait une forme de gag à découvrir en 4ème de couverture la partie cachée du diner intime aux chandelles de Michel et Rachel: Charlotte et Charlie qui bâfrent pas aux chandelles du tout.

Mais j’ai préféré, surtout pour un premier épisode, faire apparaître toute la famille Chaton en couverture.

(*) cover & (**) backcover comme on dit outre-manche

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